* Les Suisses, pleins d'assurance, visent leur meilleur résultat en Coupe du monde depuis 1954
* Le Qatar, champion d'Asie, avait perdu ses trois premiers matchs lors de ses débuts il y a quatre ans
* Xhaka mènera la Suisse lors de sa quatrième Coupe du monde
* Le sélectionneur suisse se méfie d'un éventuel coup de théâtre lors du match d'ouverture
par Martin Petty
Le Qatar affrontera la Suisse samedi lors de son premier match de Coupe du monde, bien décidé à se libérer de la pression des attentes. En tant que double champion d'Asie en titre, il a un besoin urgent de se racheter après ses débuts catastrophiques en tant qu'hôte du tournoi de 2022.
La débâcle du Qatar en 2022 a été sans précédent, avec trois défaites et un seul but marqué, mais après s'être repris pour défendre son titre en Coupe d'Asie et se qualifier facilement pour cette Coupe du monde, le Qatar a une revanche à prendre et doit réaliser une belle performance pour gagner en crédibilité sur la scène internationale.
Il aurait peut-être souhaité un début plus en douceur, face à une équipe suisse en pleine renaissance, invaincue en match officiel depuis fin 2024 après un parcours impressionnant à l’Euro, et désireuse de marquer les esprits lors de sa sixième Coupe du monde consécutive. "Nous devons accepter le fait que nous allons d'abord affronter la Suisse, et nous devons être prêts à donner le meilleur de nous-mêmes face à une équipe très forte", a déclaré l'entraîneur espagnol du Qatar, Julen Lopetegui. "Nous connaissons notre réalité, et savons que nos adversaires sont meilleurs que nous, mais cela ne signifie pas qu’il faille baisser les bras… cela exige que nous soyons prêts pour réaliser notre ambition et notre rêve d’être un concurrent de taille."
Avec un effectif composé principalement de joueurs issus de son championnat national, le Qatar dispose d’une équipe soudée qui s’est montrée redoutable en Asie, mais qui pourrait avoir du mal à tenir tête à des adversaires de plus haut niveau dans un groupe B qui comprend également la Bosnie et le Canada, pays hôte.
Face à la Suisse, son sort pourrait dépendre de son organisation défensive et des conditions qui permettront au meilleur buteur Almoez Ali et à Akram Afif, deux fois élu Joueur asiatique de l’année, de s’imposer dans le match.
LE QATAR, "LA GRANDE INCONNUE"
Mais la Suisse est en pleine confiance, comme il se doit, après être restée invaincue lors des qualifications tout en n'encaissant que deux buts.
Elle a conservé en grande partie le même groupe que lors de la dernière Coupe du monde et alignera des talents émergents comme Dan Ndoye et le nouveau venu polyvalent Johan Manzambi en attaque, soutenus par les incontournables Granit Xhaka, Manuel Akanji et Ricardo Rodriguez, qui totalisent à eux trois 365 sélections.
Seules l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Angleterre et le Portugal peuvent rivaliser avec la Suisse en termes de participation aux Coupes du monde, mais celle-ci n'a pas atteint les quarts de finale depuis sept décennies, s'inclinant à chaque fois en huitièmes de finale. La Suisse devrait se qualifier sans difficulté dans son groupe, même si le sélectionneur Murat Yakin prend le Qatar très au sérieux, le considérant comme "la grande inconnue", tout en souhaitant éviter une défaite surprise lors du match d’ouverture, comme celle qu’a subie l’Argentine, future championne, en 2022. "Le Qatar est un adversaire très sérieux. Nous ne pouvons pas laisser ce qui est arrivé à l’Argentine contre l’Arabie saoudite il y a quatre ans nous arriver", a-t-il déclaré. "Au final, ce sont aussi les surprises qui font le sel de ce genre de tournois."
(Reportage Martin Petty; version française Clément Martinot)

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